Les 5 raisons qui font du fabricant, l’acteur central du développement du BIM dans la construction

Dans l’acte de construire, le digital n’est pas synonyme de distension du lien avec les autres ou de repli sur soi… Bien au contraire ! Construire en BIM (Building Information Modeling) est une ouverture qui oblige toutes les parties prenantes d'un projet : maîtres d'ouvrage, architectes, ingénieurs, industriels, entreprises du BTP, à collaborer encore plus étroitement pour concevoir, réaliser et assurer la maintenance des bâtiments. Présents dès la naissance de ce nouveau modèle au développement exponentiel, les fabricants et fournisseurs jouent aujourd’hui un rôle primordial dans le déploiement du digital dans le secteur. Voici pourquoi et comment…

Raison 1 : Les datas produits des fabricants sont le cœur du BIM

C’est évident. Les caractéristiques d’un bâtiment dépendent grandement des spécificités des matériaux et des équipements qui le composent. Pour créer la maquette numérique qui fera naître virtuellement l’édifice, l’ensemble des professionnels en charge de la conception a besoin d’informations pour choisir les produits les plus adaptés au cahier des charges. Le BIM permet d’ouvrir le champ des possibles. Via des plateformes spécialisées, les architectes, bureaux d’études et maîtres d’ouvrage ont accès à des centaines de milliers de produits couvrant tous les lots d’un projet. Ces datas ce sont les fabricants qui en sont les sources. Comme le groupe Xella qui, dès 2017, a choisi d’intégrer à l’échelle internationale la base BIMobject et qui référence aujourd’hui plus de 500 familles de produits, les industriels sont le cœur du système et ont accompagné le développement du BIM. Ils sont de plus en plus nombreux à numériser leurs solutions et systèmes. La plateforme de BIMobject, leader sur l’approche BIM, compte actuellement plus de 1 900 fabricants qui publient leurs produits numériques et apportent à leurs interlocuteurs des données crédibles et à jour.

Siège social de Xella, Duisburg - Allemagne

Raison 2 : L’usage du BIM dépend de la qualité des formats fournis

Justement, gagner du temps sur la création d’une maquette en ayant à disposition, en quelques clics, les informations techniques pertinentes d’un produit, validés par le fabricant, c’est la promesse du BIM aux architectes. Et c’est d’ailleurs ce qu’ils attendent selon l’étude réalisée par BIMobject ci-dessous. Les industriels-fournisseurs ont donc tout intérêt à proposer des objets numériques de très bonnes qualités pour être choisis par les concepteurs. Cette volonté les pousse à développer une réelle compréhension du processus BIM. En effet, pour être exploitables selon la phase de conception dans laquelle se trouve l’utilisateur, les informations d’un produit doivent être transformées en données intelligentes, standardisées et interopérables pour être partagées sous différents formats, langues ou logiciels… Mais elles doivent aussi tout simplement être facilement consultables et trouvables. Autant d’éléments qui imposent une rigueur et des méthodes nouvelles aux fabricants, et par ricochets, font progresser toute la chaine de valeur du BIM.

 


Etude réalisée sur le portail BIMobject auprès de ses utilisateurs en France et en Belgique

Raison 3 : Une nouvelle façon d’envisager la collaboration avec les maîtres d’œuvre pour des projets réussis

Selon une récente étude du laboratoire MAP-CRAI (ENSA de Nancy), relayée par le CNOA (Conseil National de l’Ordre des Architectes), 42% des agences d’architectes mettent aujourd’hui en place des pratiques BIM et près de 80% des architectes considèrent que ces pratiques peuvent améliorer leurs performances et qu’elles sont compatibles avec leur vision du métier. « Même si c’est vrai qu’au départ c’est un coût pour eux car il faut savoir utiliser les logiciels, une fois que les concepteurs sont passés au BIM et qu’ils ont gagné du temps et de l’argent, il n’y a jamais de retour en arrière, ils font tous leurs projets sous ce modèle, relève Elise Monot, marketing manager France et Belgique au sein de BIMobject. De ces nouvelles pratiques naissent des relations de confiance avec des fabricants dont, parfois, ils ignoraient même l’existence. La pertinence des répliques numériques des produits joue un vrai rôle de réassurance. » Et globalement, le BIM étant l’affaire de toutes les parties prenantes d'un projet, il incite les tous les acteurs à travailler de manière rapprochée et optimisée, de la conception à la réalisation, jusqu'à la maintenance et/ou la rénovation.
Dernier élément sur ce point, le digital favorise une relation directe entre fabricants et concepteurs qui permet de choisir les bonnes solutions, de les adapter, de concevoir de façon plus fine. 

Raison 4 : Soutenus par les pouvoirs publics et les fédérations

Bien conscients que pour améliorer l’efficacité du travail des acteurs de la construction et pour assurer la qualité des ouvrages, il fallait accélérer le développement des outils numériques dans le secteur, les gouvernements successifs ont investi 20 millions d’euros dans le cadre du Plan Transition Numérique dans le Bâtiment (PTNB), et son successeur, le plan BIM 2022, est lui doté de 10 millions d’euros. Parmi les initiatives engagées, le « BIM Tour 2020 » en régions permet de réunir des acteurs directement impliqués dans des projets de BIM locaux en neuf et en rénovation (maîtrise d’ouvrage, la maîtrise d’œuvre et notamment les entreprises et artisans) afin de faire des retours d’expérience concrets. Du côté des fabricants, cela se traduit par un accompagnement des fédérations professionnelles. Leur but : garantir à l’industrie manufacturière que ses investissements dans le BIM pour produire des modèles 3D permettra un retour sur investissements. Parmi ces initiatives, l’AIMCC (Association des Industries de Produits de Construction) a lancé en 2017 la norme PPBIM (NF XP P07-150) qui visait à guider les entreprises manufacturières en France à produire des « données compatibles BIM » et, de son côté, la Fédération Française du Bâtiment a récemment lancé le site web ffbim.fr qui vulgarise le BIM (comprendre, se positionner, se déployer) en direction notamment des industriels pour les inciter à prendre le train en marche.

 Modélisation de blocs de béton cellulaire

Raison 5 : Un rôle clé pour embarquer les entreprises d’exécution dans la digitalisation

Si le BIM conception et le BIM exploitation sont en pleine accélération, sur les chantiers courants le BIM exécution ne suit pas encore. Seules les grandes entreprises du BTP et les acteurs innovants ont formé leurs collaborateurs et leur usage de la maquette numérique ne concerne pour l’heure que les grands projets. Dans ce contexte, les fabricants ont un rôle majeur à jouer pour embarquer les acteurs de terrain dans le digital. Ce sont des industriels engagés comme Xella qui forment les constructeurs et les maçons à l’usage de leurs produits, qui leur apportent un soutien technique et logistique à travers des services de plus en plus digitalisés comme la démarche blue.sprint, et qui mettent au point des innovations qui vont être des révolutions pour la mise en œuvre sur les chantiers.

On le voit, à travers ses produits « bimés », ses investissements digitaux et sa position centrale, le fabricant est aujourd’hui l’acteur qui tisse le lien entre toutes les parties prenantes des projets de construction. Et nous n’en sommes qu’aux prémices d’un mouvement qui va propulser le bâtiment dans l’ère de l’efficacité et de la responsabilité environnementale.