Sébastien Ray, laboratoire de l’usine Xella : « comme en pâtisserie, le dosage est d’une extrême précision ! »

Collaborateur Xella Sebastien Ray Laboratoire

C’est grâce à la précision, la rigueur et la maitrise parfaite de son processus de production que le groupe Xella garantit des produits en béton cellulaire d’une qualité optimale. Le respect de ce processus est assuré par le laboratoire. Au sein du site de Saint-Savin, ce service stratégique se trouve juste au-dessus de l’usine où il veille scrupuleusement sur la recette. Cela lui permet de conserver un contrôle permanent, du choix des matières premières jusqu’à la sortie des produits finis. Rencontre avec son responsable Sébastien Ray.

Quel est le rôle du laboratoire au sein de l’usine Xella de Saint-Savin ?
Sébastien Ray :
 Notre mission est d’assurer une maîtrise totale de la qualité du béton cellulaire produit au sein de l’usine, à travers des tests mécaniques qui garantissent la solidité et toutes les performances attendues de nos produits. Pour cela, il s’agit de contrôler la bonne qualité des matières premières entrantes jusqu’à celle des produits finis dans le respect des normes NF.
Le laboratoire travaille en étroite collaboration avec la production. Je m’appuie sur l’expérience des opérateurs de production et des techniciens de maintenance pour toujours améliorer ou optimiser nos produits. Je profite d’ailleurs de cette interview pour les remercier !

C’est vous qui détenez la recette alors !
Sébastien Ray :
 Exactement, c’est le laboratoire qui est détenteur de cette fameuse recette déterminée il y a plusieurs années et que l’on peut ajuster au besoin : en fonction par exemple de l’évolution des matières premières ou des aléas de la production. Ces modifications se font toujours en concertation avec les opérateurs de coulage qui sont, eux, toujours sur le terrain.
Ces recettes répondent à un besoin du marché qui a été identifié par le marketing avec la force commerciale. On fabrique aujourd’hui 5 densités qui s’étendent du 350 au 550 kg/m3. 
Et puis nous sommes également en contact avec le laboratoire central du groupe Xella en Allemagne qui travaille en permanence sur l’amélioration de la recette.

Contrôles rigoureux à toutes les étapes de la production

Comment êtes-vous organisés dans ce service, 
Sébastien Ray :
 Nous sommes 3. Je suis donc responsable et je travaille avec Blandine Gallas et Fernande Michalet qui effectuent toutes les analyses en suivant un processus très strict à chaque étape de la conception.

Blandine Gallas

Fernande Michalet

A quels niveaux de la chaine de production intervenez-vous ?
Sébastien Ray : 
- En amont, il s’agit de contrôler les fournisseurs et les matières premières afin de s’assurer qu’elles soient très stables. S’il y a des évolutions, nous modifions la recette en conséquence, mais cela n’arrive pas souvent car nos fournisseurs sont les mêmes depuis des dizaines d’années. Ce sont toutes des entreprises locales. La carrière de sable est à quelques centaines de mètres. La chaux provient de 10 km et le ciment de 20 km. Cette position centrale permet d’avoir une grande maitrise de la qualité et des coûts. Je travaille d’ailleurs en relation avec les achats, au cas où j’ai des réclamations à faire.
- Pendant la phase de production dans l’usine, là on va contrôler les mesures de l’automate, pour voir s’il est juste et s’il a les bonnes infos. Il faut vérifier aussi les dosages et l’autoclave. Et puis avant sortie, il y a une observation minutieuse de l’aspect esthétique des produits. Ces contrôles nous permettent de faire des statistiques et ainsi de suivre l’évolution de nos produits.
- Sur le produit fini, on contrôle enfin la résistance mécanique et le lambda, c’est-à-dire le pouvoir isolant du bloc. 
Le produit fini reste 7 jours sur notre parc, le temps que tous les tests soient effectués. Lorsqu’il est bon, il est libéré automatiquement et distribué à nos clients, et en cas d’éventuel problème, le lot reste sur notre site.

« Moi aussi j’ai fait construire en béton cellulaire ! »

A quel niveau un mauvais dosage peut-il avoir des conséquences sur la production ?
Sébastien Ray :
 C’est comme en pâtisserie, le dosage se doit d’être d’une extrême précision sinon cela peut poser un problème de stabilité. Pour prendre un exemple extrême : si on surdose de la chaux vive, la réaction va se faire très vite, le moule va gonfler très vite lui aussi, mais il va retomber comme un soufflé. Globalement un mauvais dosage aura forcément une influence sur la résistance et les caractéristiques mécaniques des produits finis.
Mais notre processus de production hypermaitrisé nous prémunit de ces phénomènes et rien n’est laissé au hasard.
D’ailleurs les tests de résistance à la compression que nous réalisons à l’aide d’un vérin hydraulique en attestent.

Réaction du béton cellulaire Ytong dans le moule

Quelles sont les satisfactions à travailler le béton cellulaire ?
Sébastien Ray :
 Dans ce service, c’est très intéressant car il n’y pas de routine, rien n’est jamais acquis. C’est une remise en question perpétuelle car c’est un produit exigeant pour lequel il faut faire preuve d’une grande maitrise afin d’obtenir sa qualité optimale. Il faut s’adapter aux aléas comme la météo et les fortes températures que l’on a eues cet été par exemple.

Et vous même êtes-vous convaincu par ce matériau ?
Sébastien Ray :
 J’ai un peu de recul sur le béton cellulaire et notre mode opératoire puisque ça fait 22 ans que je travaille au sein du groupe Xella au laboratoire et à la production, et je peux vous dire que c’est un excellent matériau ! C’est un très bon isolant qui possède une très bonne résistance au feu. Je vais reprendre les arguments de Vincent Sénéclauze du service technique, mais moi aussi j’ai fait construire ma première maison en béton cellulaire, ainsi que l’agrandissement de ma deuxième… la preuve !