Rapport du CSTB : « Face au feu, le béton cellulaire se démarque des autres isolants à masse combustible »

Un peu plus d’un mois après le dramatique incendie de la Grenfell Tower de Londres, le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) vient de remettre son rapport au gouvernement sur d’éventuelles faiblesses de la réglementation incendie dans les bâtiments. Il en ressort des enseignements et des préconisations qu’analyse Arnaud Porte, responsable technique au sein du groupe Xella. L’occasion également de rappeler les performances des solutions en béton cellulaire face au feu.

Quels enseignements tirez-vous des points soulevés par le rapport du CSTB ?
Arnaud Porte :
Ce que l’on apprend d’abord c’est que des faiblesses existent dans la réglementation actuelle. Et on comprend que ce qui fait la force de cette réglementation est aussi son talon d’Achille car les objectifs de sécurité suivent une logique performancielle : plus le bâtiment gagne en hauteur, plus il doit être performant vis-à-vis du feu. Le problème est qu’il y a un énorme d’écart entre les exigences imposées pour les bâtiments de 3e famille (jusqu’à 7 niveaux + duplex) et ceux de 4e famille (entre 28 et 50 m de haut). Cet écart est encore plus important avec les IGH (les immeubles de grandes hauteurs de plus de 50 m). 
L’autre point majeur qui interpelle, c’est l’absence de prise en compte de la durabilité des performances des isolants à forte masse combustible alors que les réglementions thermiques successives ont entrainé leur usage de plus en plus massif.

Arnaud Porte, Responsable technique Xella

Réflexion à mener sur les bardages

Ce rapport met en lumière aussi le développement de l’ITE, notamment pour les bâtiments de 4e famille (utilisé pour 50 % des constructions neuves), alors que ce mode d’isolation comprenant une lame d’air ventilée est en question après l’incendie de Londres…
Arnaud Porte :
On voit effectivement que c’est aussi un point qui était assez peu abordé dans la réglementation et on connait encore mal la réaction au feu de ces systèmes. Je sais par exemple que le laboratoire spécialisé Efectis mène  des études sur des bardages avec lame d’air pour voir la réaction à un incendie, le développement des fumées ou le passage des flammes entre les différents niveaux d’un bâtiment.
En France, au niveau de l’ITE, on met surtout en œuvre des parements directement appliqués sur la façade (plaques d’isolants collées ou fixées sans lame d’air) et nos solutions en béton cellulaire sont particulièrement performantes.

Justement quelles sont les propriétés face au feu des solutions en béton cellulaire de Xella ?
Arnaud Porte :
C’est avant tout leur caractère incombustible. Le béton cellulaire est un matériau inerte, minéral, qui contient moins de 1% de masse combustible dans sa recette et qui est pérenne sur toute la durée de vie d’un bâtiment estimée aujourd’hui à 100 ans. Le béton cellulaire Euroclasse A1, c’est-à-dire le meilleur classement inscrit dans la réglementation. C’est pour cette raison qu’il se démarque des autres isolants  en affichant de très bonnes performances thermiques et en étant totalement coupe-feu.

Le Multipor, une réponse pour la rénovation des bâtiments anciens

Quelle est votre politique face au risque incendie ?
Arnaud Porte :
La protection coupe-feu est un axe fort du développement du groupe Xella. Nous procédons depuis de nombreuses années à des séries d’essais auprès de laboratoires certifiés Cofrac pour justifier réglementairement de la performance de nos produits face au risque incendie.
Et nos solutions en béton cellulaire répondent aujourd’hui à ce risque à plusieurs niveaux : en maçonnerie avec nos blocs Ytong pour les murs porteurs et pour le compartimentage des locaux via le cloisonnement coupe-feu, en protection au feu des façades et des planchers grâce au Multipor. Le Multipor est certifié ACERMI et coupe-feu 4 heures dès 6 cm d’épaisseur.

Cette solution est un atout car la rénovation des bâtiments anciens particulièrement vulnérables au risque incendie est soulevé par le CSTB ?
Arnaud Porte :
Le rapport du CSTB souligne le défaut de réglementation concernant les immeubles existants (notamment ceux datant d’avant les années 60). Pour eux, il est préconisé d’être plus exigeant sur la rénovation. Nous avons déjà des références de chantiers de rénovation en Multipor, notamment sur des bâtiments sociaux à Paris où les façades n’étaient pas du tout protégées. Les maitres d’ouvrage choisissent notre solution car elle est parfaitement invulnérable au feu mais aussi car elle ne vient pas dégrader l’hydrothermie du bâtiment.